L'Algérie : un génocide renié par la France
AVANT 1830 : LES ARABOS-MUSULMANS SONT CIVILISES !http://www.sospsy.com/Bibliopsy/Biblio9/biblio009.htm
Les témoignages sont formels.
En 1830, tous les Algériens savaient lire, écrire et compter, « et la plupart des vainqueurs, ajoute la commission de 1833, avaient moins d’instruction que les vaincus ».Les Algériens sont beaucoup plus cultivés qu’on ne croit, notre Campbell en 1835. A notre arrivée, il y avait plus de cent écoles primaires à Alger, 86 à Constantine, 50 à Tlemcen. Alger et Constantine avaient chacune six à sept collèges secondaires, et l’Algérie était dotée de dix zaouia (universités). Chaque village ou groupe de hameaux avait son école. Notre occupation leur porta un coup irréparable.
Du moins, les avions-nous remplacées? Mgr Dupuch nous répond en déplorant qu’en 1840 il n’ait trouvé que deux ou trois instituteurs pour toute la province d’Alger. En 1880, on ne trouvait encore que treize (je dis bien treize) écoles franco-arabes pour toute l’Algérie. « Nous avons, dit notre grand orientaliste Georges Marçais, gaspillé l’héritage musulman à plaisir. »
L'ALGERIE N'ETAIT PAS UNE COLONIE TURQUE !http://www.sospsy.com/Bibliopsy/Biblio9/biblio009.htmOn tente encore de faire de l’Algérie une ancienne colonie turque.Mais le doulatli et l’odjak algériens, depuis le début du XVIII siècle, ne dépendaient pas plus de la Porte que l’empereur germanique ne dépendait du pape.
Le doulatli était partout reconnu comme souverain.
En réalité, les Turcs étaient les « portiers » de l’Algérie - et les moins coûteux qu’il se pût trouver.
On oublie trop que les Algériens, voisins des Espagnols, furent pendant des siècles obsédés par l’angoisse de subir le sort des Guanches et des Caraïbes.
Ximenes, le cardinal d’Espagne, leur en avait donné un avant-goût en 1509, lors de la prise d’Oran: il y fit brûler et égorger les Maures par milliers, pendant qu’il se recueillait en son oratoire, remerciant le Seigneur des Armées de ce triomphe de la Croix sur le Croissant.Le célèbre Cortez, l’ange exterminateur des Indiens d’Amérique, était un des chefs de l’armée d’invasion que Charles Quint lança contre Alger trente ans plus tard.
C’est pour se protéger contre cette effroyable menace que les Maures, qui n’avaient pas oublié les horreurs de la Reconquista, firent appel à la marine turque. Ils n’étaient pas marins et l’étendue de leurs côtes les ouvrait sans défense aux incursions maritimes.LES ORIGINES DE LA COLONISATION FRANCAISE !!!
http://pages.globetrotter.net/pcbcr/bacrie.html
On sait aussi que le blé (algérien) livré par les Bacri avait sauvé le Sud de la France de la famine pendant la Révolution, d'où l'accueil chaleureux réservé à l'ambassadeur ottoman lors de son passage à Aix, les salves de canon et les défilés militaires se succédant, à son arrivée en France .
«Deux négociants algériens, Bacri et Busnach, banquiers de la Régence [on appelait ainsi Alger]
, avaient fait des fournitures considérables en approvisionnements au gouvernement français, de 1793 à 1798, pour nos armées en Italie et pour l'expédition d'Égypte.»
Bien, mais alors, pourquoi le Dey d'Alger est-il si irrité contre le consul de France plus de 30 ans après?C'est que les paiements ont été suspendus par la France, et le Dey d'Alger s'estimait lésé en partie (pour les impôts qui lui revenaient). Le consul de France Pierre Deval, qui prit ses fonctions en 1815, promit de régler rapidement cette histoire alors vieille de 25 ans.En 1796,
BACRI et BUSNACH, négociants israélites d'ALGER fournissent du blé au DIRECTOIRE, mais ils ne sont pas payés. Le DEY HUSSAIN (sorte de sultan) leur ayant avancé, pour cette transaction, les fonds nécessaires, tout se passe comme si le DEY, lui-même, n'avait pas été payé.
Agassé de ne pas etre remboursé, le dey porte un coup de son chasse-mouches au Consul Deval.

Le 31 Janvier 1830, Polignac décida d'attaquer l'Algerie pour punir le dey.
En fait, la France avait besoin de nouvelles terres et de réhausser son prestige par rapport à l'Angleterre qui avait un grand empire.
De plus, l'Algérie avait prêté des millions de Francs à la France, et la France refusait honteusement de rembourser.
Alors les Français envahissent l'Algérie en 1830. C'est l'armée du roi Charles qui prend la ville de Alger.
http://algerian-history.info/avant1830img.htm
LE RESPECT DES VAINCUS ?Lors de la capitulation du bay fut signé un traité : la convention d'Alger.
Ce traité garantissait garantissait :
-le libre exercice de la religion musulmane,
-la liberté de toutes les classes d' habitants,
-leur religion,
-leurs propriétés,
-leur commerce,
-leur industrie,
-et enfin le respect absolu des femmes algériennes.
Mais rien ne fut respecté au contraire : l'administration française avait une politique sauvage d'implantation de colonies.
Un député dit : " Les colons doivent s"installer partout là où il y a de l'eau potable et des terres fertiles, sans s"interroger sur leurs propriétaires ".
UNE TERRE ATTIRANTE POUR LES PAUVRES DE L'EUROPE !En 1850, l'armé française controle Alger, Oran et Constantine.
La colonisation se fit vraiment lentement, car la poupulation algérienne resistait.
Beaucoup de colons étaient :
Français, Allemands, Irlandais et Suisses très contents de fuir la misère de leur pays, car ils recevaient de grosses primes et des terres riches gratuites.
http://www.ldh-toulon.net/article.php3?id_article=158
« Je vous quitte pour porter, si je le puis, mon concours à la grande oeuvre de civilisation chrétienne qui doit faire surgir des désordres et des ténèbres d’une antique barbarie une France nouvelle »
déclarait Mgr Lavigerie en 1867 en quittant l’évêché de Nancy pour celui d’Alger. Quelques années plus tard, archevêque d’Alger, il lançait cet Appel aux Alsaciens et Lorrains exilés (1871) :
« Chrétiennes populations de l’Alsace et de la Lorraine, en ce moment, sur les routes de la France, de la Suisse, de la Belgique, fuyant vos maisons incendiées, vos champs dévastés, l’Algérie, la France africaine, par ma voix d’évêque, vous ouvre ses portes et vous tend ses bras. Ici, vous trouverez pour vous, pour vos enfants, pour vos familles, des terres plus abondantes et plus fertiles que celles que vous avez laissées entre les mains de l’envahisseur.
Sous un ciel encore plus doux et plus beau que le vôtre, dans un climat qui passionne bientôt tous ceux qui l’ont habité, vous pourrez former des villages uniquement composés d’habitants de vos provinces, et où vous conserverez la langue, les traditions, la foi du sol natal. Vous y retrouverez, pour vous parler et pour vous instruire, des prêtres de votre pays, que nous vous donnerons pour pasteurs ; vous pourrez, comme l’ont fait des colonies sorties des provinces voisines de la vôtre, donner aux centres créés par vous les noms des villes, des bourgs, des villages qui vous sont chers parce qu’ils sont ceux de la patrie.
[...] L’État peut se procurer aisément des millions d’hectares de terres... Venez donc dans notre France nouvelle, plus riche encore que la première et qui ne demande que des bras pour développer une vie qui doublera celle de la mèrepatrie. Venez, nous sommes tous prêts à vous accueillir comme des frères, à vous faciliter vos premiers travaux, à vous consoler de vos douleurs. Venez, en contribuant à établir sur ce sol encore infidèle une population laborieuse, morale, chrétienne, vous en serez les vrais apôtres, devant Dieu et devant la patrie.
L'EXTERMINATION DES "INDIGENES" !Les manifestations de la guerre totale menée par l'administration coloniale française étaient présentes sous toutes leurs formes, allant de l'extermination de l'élément humain, l’anéantissement de tous les repères arabomusulmans de la société algérienne, à travers la destruction des institutions religieuses et culturelles, les expéditions militaires sans merci contre les tribus qui rejetaient la colonisation et toutes les actions répressives qui en découlent telles que le bannissement, la déportation, le déplacement des populations et l'emprisonnement.
Dans l'un de ses rapports, un des chefs militaires français reconnaît : "
…Nous avons détruit totalement tous les villages, les arbres, les champs et les pertes occasionnées par nos troupes à ces populations sont inestimables. Si certains se demandent, si nous avons bien ou mal agi, je leur répondrais que c'est là l'unique méthode pour soumettre les habitants et les pousser à partir …"
http://www.ldh-toulon.net/article.php3?id_article=158
Il n’est pas surprenant que
Saint Arnaud se soit glorifié dans ses correspondances d’avoir rayé de la carte de nombreux villages et érigé sur son chemin des montagnes de cadavres. Lorsque le Général Bugeaud fut interpellé par le Parlement français à propos des crimes commis par ses officiers et soldats en Algérie, il répondit à son ministre de la guerre en disant : «Et moi, je considère que le respect des règles humanitaires fera que la guerre en Afrique risque de se prolonger indéfiniment ».
LES MASSACRES !!!!!!!!!!!!!!!Cela avait débuté par le massacre de Blida à l’époque du Général Clauzel puis le massacre d’El Ouffia à l’époque du Duc de Rovigo qui dévoila la nature du génocide collectif adopté comme méthode politique par la France en Algérie.

Cela fut suivi par d’autres massacres dont le plus célèbre fut celui de la grotte des Frachich , commis par le colonel Pélissier ,

sans parler de ce qui a été commis par le criminel Cavaignac contre les tribus du Chélif où il appliqua une méthode comparable à l’exécution par asphyxie. Ce fut le massacre des tribus de Sébiâa.
LA RESISTANCE ALGERIENNE ET LA REPRESSION SANGLANTE !http://www.planetenonviolence.org/1er-nov-1954-debut-de-la-Guerre-d-Algerie-1830-1er-novembre-1954-l-histoire-d-une-colonisation,2005-10-31_a288.html
Cependant, malgré toutes les lois, la spoliation des terres, l’exode, les violents massacres, la résistance farouche des Algériens n’a pas cessé dès l’arrivée des Français sur la terre algérienne, qu’il s’agisse des révoltes de tribus ou des soulèvements armés sous la bannière d’hommes tels l’Emir Abdelkader à l’Ouest qui est arrêté en 1847 après 17 ans de lutte et exilé en Syrie. En 1857 le soulèvement de Kabylie est réprimé dans le sang suivi en 1859 par celui des Beni S’nassen, et en 1864 par les Ouled Sidi Youssef.
http://algerian-history.info/lemirabdelkadereng.htmEn 1871 la grande insurrection de Cheikh El Mokrani Ahmed (les Bibans) rassemblant près de 150 000 hommes fit peur et on appela des renforts pour écraser les insurgés. El Mokrani fut tué aux environs d’Alger et son frère Bou Mezrag arrêté en 1872 et déporté en Nouvelle Calédonie. En 1881 ce fut le soulèvement des Ouled Sidi Cheikh qui dura plusieurs mois.
Malheureusement tout soulèvement entraîne une répression terrible et aveugle avec tellement de haine et de cruauté. La liste est longue et nous ne citerons que les actes barbares que les Français narraient avec art et précision. Les grands massacres touchèrent plus particulièrement les habitants des zones rurales qui connurent des massacres d’une violence inouïe.

L’auteur du livre "L’Afrique française" en parlant du massacre de la tribu des Ouffia en avril 1832 sous la direction du Duc de Rovigo écrit:
"Ainsi fut éliminé tout ce qui vivait sans distinction d’âge ni de sexe. Cependant, l’humanité d’un petit nombre d’officiers sauva quelques femmes et enfants. En revenant de cette funeste expédition plusieurs de nos cavaliers portaient des têtes au bout de leurs lances... On dénombra cent morts et un butin de deux milles moutons, sept cents bœufs et une trentaine de chameaux."
La tribu fut accusée à tort, sans enquête ni preuve, d’un vol dont avait été victime un cheikh rallié à la France.
Pour réprimer l’insurrection menée par un jeune chef maraboutique surnommé Boumaza, le colonel Pélissier poursuit les membres de la tribu des Ouled Riah qui s’étaient retranchés dans des grottes. Le 11 juin 1845 il ordonne aux fuyards de se rendre dans les 10 heures qui suivent. Sachant que se rendre signifiait leur mort la tribu demande aux troupes de se retirer pour sortir. Pélissier n’attend pas ; il allume le feu devant les ouvertures des grottes et l’alimente toute la nuit asphyxiant ceux qui s’y cachaient, hommes, femmes, enfants et bêtes.
"Au matin, alors que nous libérions l’entrée des grottes, nous fûmes surpris par l’horreur du spectacle. Nous dénombrâmes 760 cadavres (Montignac, Lettres d’un soldat).
Une année plus tôt le général Cavaignac avait usé du même procédé pour obtenir la reddition de la tribu des Sbéahs. Faute de pouvoir enfumer, Cavaignac, comme St Arnaud comme Canrobert emmurent. Canrobert justifie son acte :
"Comme il n’y a pas de bois, je bouche l’entrée de la caverne avec des pierres. Si j’avais fais autrement un grand ombre de nos soldats seraient tombés inutilement sous les balles arabes."
Une lettre de St Arnaud décrivant le massacre d’une tribu : "La région des Beni Menasser et réellement belle et c’est l’une des régions les plus riches que j’ai pu voir en Afrique. Les villages et les habitations sont très rapprochés mais nous avons tout brûlé, tout détruit. Ô ! La guerre ! La guerre ! Combien de femmes et d’enfants fuyant vers les neiges de l’Atlas sont morts de froid".
LA GUERRE D'ALGERIE !!!!!!!!!!!!Le Front de libération nationale (ou FLN) a été fondé le 10 octobre 1954 pour obtenir l'indépendance de l'Algérie.
http://algerian-history.info/circle_1.htm
La guerre d'Algérie (noms alternatifs, selon les points de vue : guerre d'indépendance algérienne ou guerre de libération algérienne) se déroula de 1954 à 1962 et fut de la part du Front de libération nationale soutenu par le peuple algérien (en large minorité au début) et une partie importante de politiques français agissant (envoi d'armes et d'argent), une période de lutte contre la colonisation de peuplement française.

L'origine du déclenchement de cette guerre a été principalement à cause des massacres perpétrés par l'armée française en 1945, le jour même de la fin de la seconde guerre mondiale. En effet, des dizaines de milliers d'algériens, estimés à 68 000 combattants, participèrent à la libération de la France. En contre partie, les algériens revendiquèrent l’égalité des droits (les algériens à l'époque étaient considéré comme des citoyens de seconde zone). La réponse à cette revendication a été les massacres de Setif, Guelma et Kherrata où les bombardements de l’armée française ont fait environ 48 000 morts algériens.
MITTERRAND !Le 12 novembre 1954, Miterrand déclara à l'Assemblée nationale :
« À la volonté criminelle de quelques hommes doit répondre une répression sans faiblesse. Qu'on n'attende de nous aucun ménagement à l'égard de la sédition, aucun compromis avec elle. On ne transige pas lorsqu'il s'agit de défendre la paix intérieure de la Nation et l'intégrité de la République. Les départements d'Algérie font partie de la République, ils sont français depuis longtemps. Jamais la France, jamais aucun parlement, jamais aucun gouvernement ne cédera sur ce principe fondamental. L'Algérie, c'est la France et non un pays étranger que nous protégeons »
L'ARMEE FRANCAISE MASSACRE LES CIVILS ALGERIENS !http://algerian-history.info/assasinat.htm
La France avait employé tout son appareil militaire et mobilisé toutes les ressources matérielles et humaines pour tuer les Algériens.
Les groupes d'autodéfense, les miliciens, les colons, la police et la gendarmerie avaient tous participé à ces massacres collectifs.
C'est ainsi que de nombreux villages furent détruits par les bombardements aériens sur ordre du ministre communiste de l'aviation dans le gouvernement du Général De Gaulle.
La marine avait également bombardé bon nombre de villes côtières. Quant aux troupes de fantassins et de la légion étrangère, elles utilisaient les chars, pénétraient dans les maisons, tuaient, pillaient, violaient et agressaient sous prétexte de rechercher des rebelles et de prétendues armes.
Même si les comptes-rendus colonialistes français ont minimisé le nombre de morts, les estimations algériennes l'ont situé entre 45000 et 100.000 Algériens tandis que les rapports étrangers évoquent une moyenne de 50.000 à 70.000 morts.
Les recherches continuent pour découvrir la vérité sur les crimes du colonialisme français en Algérie qui ont dépassé les limites. Les comptes-rendus militaires français eux-mêmes affirment que la répression s'est poursuivie jusqu'en 1946 mais la France s'est employée par tous les moyens à enterrer la vérité.
NEGATIONNISME D'ETAT !http://nantes.indymedia.org/article.php3?id_article=5277CE NEGATIONNISME D'ETAT QUI DEFIGURE ET DESHONORE L'ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE
D'un côté, Jean Marie Le Pen et ses propos négationnistes relatifs aux fours crématoires et à l'occupation allemande, de l'autre, des députés de la majorité gouvernementale qui, le 5 mars 2003, déposent une proposition de loi négationniste qualifiant d'œuvre positive, la présence française en Algérie.
Pour un négationnisme condamné, combien d'autres sont ainsi approuvés.
Que ces députés viennent donc raconter aux élèves
l'oeuvre positive du bon docteur Bodichon, républicain modéré, collaborateur de Ledru-Rollin, de Waldeck-Rousseau et de Louis Blanc qui affirmait,
« si au lieu de cette race [les Arabes] qui outrage la nature et l'humanité par son état social… il n'y en avait pas…,la nature et la civilisation y gagneraient… »Ce médecin très influent pouvait défendre impunément et publiquement la thèse de l'extermination des Arabes dans des journaux qui, en 1848, étaient pourtant soumis à la censure !
Et dans le journal catholique, l'Observateur de Neustrie, on lisait : « N'a-t-on pas le droit d'exterminer les Algériens, comme on détruit par tous les moyens possibles, les bêtes féroces ? »

Fort de ces appels au meurtre, le maréchal Clauzel pouvait annoncer le premier massacre collectif, celui de Blida : « J'ai ordonné aux bataillons de détruire et brûler tout ce qui se trouve sur leur passage…Quand on fait la guerre, ce n'est pas pour augmenter l'espèce humaine. »
Que ces députés viennent donc raconter aux élèves, l'oeuvre positive du général Bernard, ministre de la guerre qui, en 1838, affirmait : « Refouler, exterminer les populations, ravager, incendier les moissons, étaient les seuls moyens… »

Malgré les cas de conscience de certains officiers, comme le général Duvivier qui constate tristement que « depuis onze ans, on a détruit, incendié, massacré hommes, femmes et enfants avec une fureur toujours croissante »,
pas moins de 900 000 Arabes furent exterminés entre 1830 et 1871, sur les 3 000 000 que comptait l'Algérie.Que ces députés viennent donc raconter aux élèves, l'oeuvre positive du lieutenant-colonel de Montagnac qui écrit dans lettres d'un soldat d'Algérie : « Voilà comment il faut faire la guerre aux Arabes. Tuer tous les hommes jusqu'à l'âge de quinze ans, prendre toutes les femmes et les enfants, en charger les bâtiments, les envoyer aux îles Marquises ou ailleurs ; en un mot anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens...Toutes les populations qui n'acceptent pas nos conditions doivent être rasées, tout doit être pris, saccagé ;sans distinction d'âge, ni de sexe ; l'herbe ne doit plus pousser où l'armée française a mis le pied. »
Ce qui fait dire au général de Brossard : « devant les populations détruites, la terre couverte de ruines, les champs rendus incultes, il faut le dire, la France devra rendre raison. »
Mais la France ne rendit pas raison car en 1965, les cendres de ce héros, furent transférées au fort de Vincennes, dans le Tombeau des braves …
Que ces députés viennent donc raconter aux élèves, l'oeuvre positive du bon général Bugeaud qui planifiait méthodiquement la destruction des cultures par arrachage des oliviers et des figuiers, par empoisonnement des puits. Ce bon général Bugeaud qui organisait systématiquement le massacre des populations civiles par le sabre et par le feu, ou qui, par commodité, ordonnait tout simplement de « fumer les Arabes comme des renards » en les murant au préalable dans des grottes pour mieux les gazer en les enfumant…Des tribus entières furent ainsi rayées de la carte. Dans les salons, Bugeaud se vantait : « C'est la guerre continue jusqu'à extermination…Il faut fumer l'Arabe ! »Que ces députés viennent donc raconter aux élèves, ces marches de la mort, comme celle de 1846, où, sur 7000 Arabes, 4 000 moururent d'épuisement sur le bord du chemin, 3 000 seulement arrivant à Maison-Carrée.Que ces députés viennent donc raconter aux élèves la torture de masse qui avait pour objectif, en terrorisant la population, de voler les terres les plus fertiles aux indigènes. Appliquée méthodiquement et souvent publiquement, la torture pour faire parler, la torture pour terroriser. L'Arabe mort, cela ne suffit pas, le processus de destruction continue, son corps est mutilé, décapité, exposé sur la place publique, « utilisé comme un instrument de terreur » pour consolider la hiérarchie raciale et coloniale.Que ces députés viennent donc raconter aux élèves, les nombreuses mosquées détruites ou transformées en églises, les cimetières profanés, les squelettes utilisés pour remblayer les routes, ou pour servir d'engrais dans l'agriculture. A Marseille, les os des musulmans en provenance des cimetières d'Algérie serviront au raffinage du sucre.
Œuvre positive d'Alexis de Tocqueville, considéré encore aujourd'hui comme le champion de l'idéal démocratique, et qui, pour défendre l'armée française dont les méthodes criminelles étaient déjà condamnées par des humanistes, affirme à l'Assemblée nationale : « qu'il s'agit de multiplier les opérations destinées à anéantir les fondements des sociétés pastorales et agricoles de l'Algérie…de brûler les moissons, vider les silos et enfin s'emparer des hommes sans armes, des femmes, des enfants. »Plus tard, mais bien trop tard, il regrettera ces propos, en constatant que ces procédés ont rendu « la société musulmane beaucoup plus misérable, plus désordonnée, plus ignorante et plus barbare qu'elle n'était avant de nous connaître. »

Que ces députés viennent donc raconter aux élèves, l'oeuvre positive du sociologue Gustave Le Bon pour qui, en 1884, « l'humanité est entrée dans un âge de fer où tout ce qui est faible doit facilement périr », sans oublier l'oeuvre positive de Charles Richet, prix Nobel de médecine, revendiquant, au début du XX siècle, l'élimination des races inférieures et des anormaux.
L'oeuvre positive de Arthur Girault, professeur de Droit, de réputation internationale, qui se prononçait pour l'euthanasie des moins doués.
L'œuvre positive de l'économiste Leroy-Beaulieu qui théorisait le concept d'espace vital.

Il faudrait que ces députés viennent raconter aux élèves, l'oeuvre positive de Jules Ferry, apôtre de la colonisation, qui, pour couvrir ces atrocités et légitimer la recherche du profit, déclarait à l'Assemblée Nationale, le 25 juillet 1885 : « Les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures… La politique coloniale est fille de la politique industrielle. »
Et Clémenceau de l'interpeller : "Regardez l'histoire de la conquête de ces peuples que vous dites barbares, et vous y verrez la violence, tous les crimes déchaînés, l'oppression, le sang coulant à flots, et le faible opprimé, tyrannisé par le vainqueur. Voilà l'histoire de notre civilisation…Non, il n'y a pas de droit des nations dites supérieures contre les nations inférieures…n'essayons pas de revêtir la violence du nom hypocrite de civilisation. »
Jules Ferry fut un propagandiste des plus zélés de l'espace vital et de l'inégalité des races, concepts dont les origines ne sont pas à rechercher chez les Nazis en Allemagne, mais bel et bien en France sous la troisième République. République qui, déjà, était traversée par un fort courant anticolonialiste et humaniste contredisant en quelque sorte la thèse de l'unanimisme supposé de l'époque, thèse si souvent véhiculée de nos jours et visant à exonérer de leurs crimes, ces hommes qui firent la grandeur de la France.
Que ces députés viennent donc raconter aux élèves, cette oeuvre positive de la troisième République que fut le Code de l'indigénat, monument de racisme d'Etat théorisé et promulgué le 20 mars 1881 sous la houlette du président du conseil Jules Ferry. Œuvre positive, ce Code de l'indigénat soumettant les Arabes sur le territoire français (depuis 1848, l'Algérie faisait intégralement partie de la France) à un arbitraire qui fut la règle jusqu'en 1944, mais qui, dans la réalité, perdura jusqu'en 1962.
Au nom de la mission civilisatrice de la France, ce Code officialisait l'anéantissement de la personnalité juridique de l'Arabe, par l'internement administratif, mais aussi l'anéantissement de l'intégrité de la personne physique par la concentration en camp. Sans oublier l'amende collective et le séquestre des biens, dépossédant les indigènes au profit des colons. Œuvre positive, ces déportations d'Arabes, à fond de cale, vers Cayenne, haut lieu d'extermination par le travail…la durée de vie n'y excédant pas un an.
Que ces députés viennent donc raconter aux élèves l'oeuvre positive de Petit Jean, ce manuel scolaire utilisé pendant près de quarante ans par les instituteurs de la troisième République, et dans lequel, à propos des Arabes, on fait dire par un petit garçon :
« Quelle honte ! Comment ne faisait-on pas la guerre pour exterminer cet abominable peuple ! »Et que penser de ces programmes d'Histoire 2002, pour l'école élémentaire, rappelant que :«
La République [la troisième] s'installe durablement, consolide les libertés fondamentales et développe l'instruction… » tout en niant superbement les lois racistes en vigueur, à l'époque, sur le territoire français ? Les bons esprits rétorqueront que le racisme anti arabe, comme l'antisémitisme, était dans l'air du temps, et que depuis les esprits ont évolué.
Mais alors comment se fait-il qu'il y ait pléthore de bâtiments publics, de rues ou d'avenues du nom de Jules Ferry, du nom du général Bugeaud…, alors que, et fort heureusement, aucune rue ou avenue, aucun établissement public, aucun lycée ou collège ne portent aujourd'hui le nom d'hommes politiques, d'officiers ou d'intellectuels antisémites de l'époque ? Accepterait-on, des avenues Arthur de Gobineau ou maréchal Pétain, des lycées Xavier Vallat ou des rues Pierre Laval, des collèges Charles Maurras ?
Avec ce négationnisme tenace qui nie le martyre des Arabes, à quand le lycée général Massu, responsable, pendant la deuxième guerre d'Algérie, de la disparition de 3000 Algériens ? Autant que dans le Chili de Pinochet !
A quand le gymnase général Bigeard dont les techniques d'enlèvement, de torture et de disparition utilisées pendant la bataille d'Alger furent fidèlement reprises par les dictateurs d'Amérique du Sud dans les années 70 et 80 ?
Que ces députés viennent raconter aux élèves le Code de l'indigénat qui porte en son sein la matrice des lois anti juives promulguées sous Vichy ? Des lois anti juives écrites, entre autres, par Peyrouton, garde des sceaux de Pétain, ancien haut fonctionnaire de la Coloniale, spécialiste de l'internement et de la déportation des Arabes. Antérieur de 59 ans aux lois anti juives puis contemporaines de ces dernières, ce Code de l'indigénat ne figure nulle part dans les programmes d'Histoire.
Ce négationnisme, parmi tant d'autres, a conduit Aimé Césaire, poète et écrivain antillais à écrire : "Il vaudrait la peine d'étudier cliniquement…les démarches d'Hitler et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XX siècle qu'il porte en lui un Hitler qui s'ignore… et qu'au fond, ce qu'il ne pardonne pas à Hitler, ce n'est pas le crime en soi, le crime contre l'homme, ce n'est pas l'humiliation de l'homme en soi, c'est le crime contre l'homme blanc… et d'avoir appliqué à l'Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu'ici que les Arabes d'Algérie, les coolies de l'Inde, et les Nègres d'Afrique."
Dans certaines régions d'Algérie, les Arabes, hommes, femmes et enfants, ont été systématiquement massacrés par centaines de milliers, comme le furent les Indiens d'Amérique.
Pour le Grand Dictionnaire Terminologique, cette « destruction délibérée et systématique de l'ensemble ou d'une partie d'un groupe national, ethnique, racial ou religieux » s'appelle tout simplement un génocide...
Les Arabes ont besoin comme les autres, comme tous ceux qui ont été victimes de racisme et de génocide, d'être reconnus dans leur souffrance, dans leur martyre.
Le pays qui se réclame des Droits de l'Homme serait bien inspiré d'illustrer ce devoir de mémoire par des commémorations à portée universelle.
Des cérémonies qui ne se limiteraient pas à la seule description de l'horreur, mais qui poseraient la question : comment des humanistes, bons pères de famille, soucieux du bonheur de leurs enfants et de leur épouse …comment ces bons Français ont pu ainsi torturer, massacrer méthodiquement des centaines de milliers de familles ? Comment ces hommes ont-ils pu se transformer en bourreaux ? Comment ont-ils pu exterminer l'Autre, non pas pour ce qu'il avait fait mais pour ce qu'il était.
Massacre de populations civiles, enlèvement, torture, disparition, famine organisée, génocide, toutes ces pratiques coloniales ont préparé l'ensauvagement du continent européen.
Un pas restait à franchir pour les appliquer à l'Europe. Cela fut fait par Hitler qui, comme le rappelle Aimé Césaire, osa utiliser à l'égard d'autres Européens « des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu'ici que les Arabes d'Algérie, les coolies de l'Inde, et les Nègres d'Afrique."
Malheureusement, là aussi, on débusque un autre négationnisme. En effet, Hitler était loin d'être seul, il était le produit d'un système effroyable mis en place, avant et pendant la guerre, en collaboration étroite avec des banquiers et industriels, non seulement allemands mais aussi français et américains.
Là aussi, le négationnisme a fait des ravages dans l'esprit de nombreuses générations, en faisant que ne soient jamais cités dans les manuels scolaires les noms de certains grands patrons…des Français comme François de Wendel président du Comité des Forges, initiateur, bien avant 1939, d'un cartel international de l'acier qui attribua 40% des parts à une Allemagne acquise à l'idéologie nazie, des Américains comme Henry Ford, décoré en 1938 de l'ordre allemand de l'Aigle (la plus haute distinction nazie remise à un étranger), Hitler avait d'ailleurs utilisé pour sa propagande Le Juif international, livre viscéralement antisémite écrit en 1920 aux USA par ce même Henry Ford.
Des Américains, comme le grand-père du président Bush, Prescott Bush, banquier de Hitler dans les années 30 et qui, en 1942, fut condamné par un tribunal américain pour intelligence avec l'ennemi.
Les noms de General Motors, de Kodak, de ITT, de Standard Oil et bien d'autres encore…sans lesquels, jamais Hitler n'aurait pu réarmer l'Allemagne nazie.
Sans oublier IBM qui mit, contre espèces trébuchantes, ses cartes mécanographiques au service des nazis, cartes perforées sans lesquelles le recensement n'aurait jamais pu prendre une telle ampleur, sans lesquelles, jamais autant d'opposants et de Juifs n'auraient été fichés et déportés en si grand nombre.
En 1938, Hitler reconnaissant, décora en personne Watson, le président d'IBM ainsi que le représentant de General Motors, pour service rendu à l'Allemagne nazie...
Ce qui fit dire, en 1947, à James Stewart Martin, chef de l'Economic Warfare Section du ministère de la Justice US : « En Allemagne, ce ne sont pas les hommes d'affaires allemands qui nous ont tenus en échec [...] Nous avons été bloqués en Allemagne par les hommes d'affaires américains. »
Sur cette période de l'Histoire comme sur bien d'autres, le négationnisme occulte fréquemment des parts de vérité. Un négationnisme entretenu consciemment ou inconsciemment à tous les niveaux, et jusqu'au président de la République qui considère que « La France doit être fière de son passé ».
Des pans entiers de notre Histoire sont ainsi niés, passés sous silence. Dans nos sociétés, la finalité de l'enseignement de l'Histoire est de légitimer le pouvoir en place par l'intégration des élèves dans un roman national.
Une réécriture non négationniste des programmes est inéluctable.
Ne laissons pas ce travail à nos enfants.
Il en va de la responsabilité du ministre de l'Education Nationale et de l'Inspection générale.
Dans ce climat délétère d'une Histoire défigurée, génératrice d'irresponsabilité collective, le risque est grand de voir des jeunes se transformer demain, en assassins assermentés par impuissance de conscience.
Nantes, le 7 mars 2005 Alain Vidal, professeur des Ecoles
Bibliographie, principales sources :
- Coloniser Exterminer (Fayard), Olivier Le Cour Grandmaison, professeur de sciences politiques et de philosophie politique à l'Université d'Evry
- Comment les firmes US ont travaillé pour le Reich ? Pierre Abramovici (Revue Historia) -Industriels et banquiers sous l'Occupation (Armand Colin), Annie Lacroix-Riz, professeur d'Histoire contemporaine à l'université de Paris VII
Alain Vidal 5, avenue Louis Vasseur 44 000 Nantes vidal.mothes@wanadoo.fr
http://www.sospsy.com/Bibliopsy/Biblio9/biblio009.htm« ...Tous jusqu’au dernier ».

Ce carnage amena-t-il au moins la pacification du pays? Même pas, puisque en 1871 près de la moitié de l’Algérie était en flammes. « Nous avons brûlé, pillé, ravagé les tribus entre Blida et Cherchell, écrivait le maréchal Canrobert, mais le but, la pacification, est loin d’être atteint ». « La force ne les subjuguera jamais, écrit le général Cler. Semblables aux Suisses, ennemis de Charles le Téméraire, ils ont leurs montagnes et leur pauvreté pour se défendre ». Le résultat le plus certain fut « d’entretenir d’éternelles inimitiés ». La commission nous en avait avertis dès 1833: « En égorgeant sur de simples soupçons des populations entières, nous sommes nos plus cruels ennemis en Afrique... Et nous nous plaignons de n’avoir pas réussi auprès d’eux! » Les exodes qui accueillaient notre arrivée étaient, comme dit Vilot, l’indice sûr de la désaffection d’un peuple. Le jour où nous entrâmes à Cherchell, il ne restait pour nous accueillir qu’un boiteux et un idiot, qui erraient dans les rues désertes comme des reproches silencieux.

L’étranger ne l’ignorait pas. Dans une enquête sur l’Algérie publiée à Londres en 1845, le capitaine John Kennedy écrit: « Si l’Europe ne bouge pas, le nombre et les ressources des Arabes sont voués à l’anéantissement dans un combat courageux, mais sans issue ». Devant la commission e 1872, la conclusion de garante ans d’extermination fut tirée par le chef des Bureaux arabes: « On a razzié, pillé, déporté, séquestré, ruiné les tribus. Des populations entières ont été chassées de leur territoire. La désaffection est générale ». Mais du moins, l’historien Verne, ce fanatique de l’Algérie française, pouvait-il enfin écrire: « Deux millions d’indigènes meurent de faim sur une surface capable de nourrir dix millions de chrétiens ».